Créer mon blog M'identifier

Station quatre novembre.

Le 15 juin 2013, 05:54 dans Humeurs 0

 

Je me souviens de la première fois où tu m'as embrassé dans un coin du lycée. Je me souviens de cette nuit du 27 mars 2010. Je me souviens de ton premier "je t'aime". Je me souviens de notre première photo. Je me souviens du poème "Les Mains d'Elsa". Je me souviens du premier film que l'on est allé voir au cinéma ensemble.  Je me souviens de toutes ces heures de cours à tes côtés. Je me souviens des petits mots que je glissais partout dans tes cahiers. Je me souviens de la première fois où je t'ai présenté à mes parents et petit à petit aux membres de ma famille. Je me souviens de cette sensation d'être unique quand tu parlais de moi. Je me souviens de cette période où je nous filmais tout le temps. Je me souviens de comment tu m'as sauvé de mes démons. Je me souviens de toutes ces heures au téléphone, de tous ces messages envoyés. Je me souviens de nos ballades en moto. Je me souviens de la première fois où tu m'as trahi, où j'ai compris que tu aurais toute ta vie le pouvoir de briser mon coeur. Je me souviens de tes vêtements que je te piquais tout le temps. Je me souviens de cette bague que je portais fièrement depuis nos 1 an. Je me souviens de nos premierEs vacances, de ces ballades le soir en bord de plage. Je me souviens des bains que l'on prenait ensemble. Je me souviens de ces lettres que tu m'écrivais. Je me souviens de ta première voiture et nos premières virées. Je me souviens de ces week-end en Ardèche avec nos amis. Je me souviens de cet accident de voiture. Je me souviens des fois où tu as essuyé mes larmes. Je me souviens de ce blog où je parlais de nous. Je me souviens de l'époque où on passait le bac. Je me souviens de ce sombre 7 juin où j'ai perdu un bout de nous. Je me souviens des concerts qu'on a fait ensemble. Je me souviens de ces longs trajets sur la route lorsqu'on rentrait les week-ends. Je me souviens du numéro 69 du boulevard cote blatin, notre premier appartement. Je me souviens du début de nos vies d'adulte. Je me souviens de toutes ces fois où je te faisais râler. Moi la bordélique, moi la fumeuse, moi la fille qui mettait constamment MFM dans la voiture et qui chantait à en perdre sa voix. Je me souviens de notre dégéménagement. Je me souviens de cette magnifique soirée que tu m'as offerte pour mes 18 ans, avec tout mes amis. Je me souviens de notre premier noël ensemble. Je me souviens de nos disputes et de nos réconciliations. Je me souviens de notre rituel du dimanche, sous la couette à rattraper nos séries. Je me souviens de toutes ces histoires que tu me racontais. Je me souviens de la première fois où je t'ai emmené sur sa tombe. Je me souviens des fois où on s'est quittés. Je me souviens des soirées que l'on a fait ensemble. Je me souviens de cet été si long sans toi. Je me souviens de ces chansons que l'on chantait ensemble. Je me souviens de nos projets. Je me souviens de "Morgane de toi", de cette petite Lola qui n'existera pas.  Je me souviens de cette époque où tu me faisais rire. Je me souviens de ta famille. Je me souviens de ces soirées où on jouait ensemble à la console. Je me souviens de ces petites attentions qu'il y avait parfois. Je me souviens des petits déjeuners au lit. Je me souviens des roses que tu m'offrais et de cette orchidée blanche que j'adorais dans l'entrée. Je me souviens de ce tatouage. Je me souviens de toutes les fois où tu te moquais de moi. Je me souviens de ces vidéos. Je me souviens de ces fois où je te reveillais pendant la nuit parce que je voulais parler. Je me souviens de toutes ces nuits à m'endormir à tes côtés. Je me souviens d'avoir été fière. Je me souviens du rêve de porter ton nom. Je me souviens de la magie des nuits avec toi. Je me souviens des terrasses où on allait boire un verre et profiter du soleil. Je me souviens de ta toute petite écriture. Je me souviens d'un tas de choses qui me hantent chaque jour au quotidien. Je me souviens de tout et maintenant que tu as tout détruit.. Je dois oublier.

 

 

A l'aube de ses vingt ans..

Le 15 juin 2013, 05:16 dans 0

 Se perdre dans une foule de sentiments qui nous tirent dans les extrêmes, qui nous perdent dans une masse de questions sans réponses. On est quelqu'un et son contraire à la fois, on vit de ses rires et on s'use de ses larmes. Elle était là, la zone de confort. Prévisible souvent, ennuyante parfois. Tout était traçé et rien n'était vraiment terrifiant. On se contentait d'un amour passion devenu tendresse avec les années, un amour de jeunesse que l'innocence avait porté. On s'était fait une raison et on rentrait dans les codes, plus tôt que les autres. C'était l'histoire de toutes ses premières fois et elle s'était faite à l'idée que ça pourrait être celle de toutes ses dernières. Peut-être que c'était ça l'amour, tout endurer, tout supporter. S'oublier à travers l'autre, n'être plus qu'un nous pour qui il faudra toujours tout sacrifier. Son âme, sa dignité, ses rêves. Envier les autres en secret, envier ceux qui nous envie. Miroir de l'humain qui ne sait se contenter de ce qu'il a. Avoir sa petite vie bien rangée, son petit appartement, son couple, son chien, ses études, ses projets communs et les petits soucis du quotidien. Apprendre la maturité, concevoir le pardon plutôt que l'abandon. Aimer la sécurité, le soutien, chérir un repère que la vie ne nous prend pas. Si tout n'avait été qu'un chaos dans sa vie mêlé d'une succession de pertes, elle s'accrochait à cet amour imparfait qui restait au milieu du néant son seul appui. Lâcher prise était bien trop impensable, bien trop risqué. Alors, elle fermait les yeux et apprivoisait sa vie toute tracée en essayant de la conjuger avec le peu de rêve qui lui restait. C'était bien aussi, être fière d'être de celles qui se battent comme des lionnes pour ceux qu'elles aiment plutôt que de fuir dans les bras d'un autre.  Pourquoi tout compliquer encore, alors que la vie le fait si bien toute seule. Pourquoi se détacher de quelque chose qui malgré ses failles reste solide. Combien de jeunes femmes de son âge plus seules qu'elles, combien qui voudraient cette place dont elle se plaint. Beaucoup trop pour faire la difficile. Mais derrière cette lutte se jouait une toute autre pièce dont les actes avaient déjà tranché pour elle. Au milieu de toutes ces reflexions qui n'auraient, avec le recul, jamais du animer une personne de son âge s'entremêlait la lueur au bout du tunnel. Quelque chose pointait le bout de son nez et allait secouer tout les plans. Il était là, on ne l'attendait plus, on s'était fait une raison. On ne le désirait plus. Ce coup de pied au cul, violent, venu de nul part et qui nous jette sans le vouloir bien loin de cette zone de confort qui était la notre. Ce changement, ce souffle de vie. Cet espoir d'avoir encore la chance de pouvoir devenir qui on désire être, cette chance de réaliser qu'à pas 20 ans toutes les cartes sont loins d'être jouées. Cette gifle qui vous réveille. Cette rennaissance qui a son prix, qui lui semble encore loin mais qu'elle sait aujourd'hui possible. Elle était là, la zone de confort et elle n'est plus. Parce qu'un soir banal, ce qui lui parraissait être son monde solide s'est écroulé. Les habitudes, les rituels, les convictions se sont dissipées. Tout ne tient qu'à un fil, une voix à l'autre bout du téléphone qui vous dit de vous assoir. Les mensonges qui refont surface, le poignard dans le dos qui vous rappelle que vous êtes seule. Qu'il est temps d'ouvrir les yeux, qu'il est temps de vivre, qu'il est temps d'aller l'affronter cette vie pour trouver ce que l'on mérite vraiment. Parce que personne ne le fera pour vous. Si on recommençait tout ?Au lieu de faire avec, encore. Si on le saisissait ce petit coup de pouce ? Si c'était maintenant ou jamais ? On s'en va, on quitte l'appartement. La valise pleine de n'importe quoi et le chien sous le bras. On laisse son coeur en miettes derrière soi avec celui qui nous l'a brisé. On est dehors en pleine nuit, on pleure sans penser pouvoir un jour s'arrêter, on attend. Oui mais quoi ? On se surprend à tout remettre en question au fil des jours. On a envie de tout changer, on a envie de partir loin. Cette vie n'était pas la notre. Lesée entre le chagrin et le soulagement. On se résigne à tirer un trait et on puise la force de dire non. Non à ses envies de revenir en arrière, là où tout était simple, là où il ne fallait qu'encaisser. Là où on ne nous demandait plus notre avis, où il fallait seulement se laisser portrer. Non à cette petite voix qui nous dit qu'on ne trouvera jamais mieux et qu'on ne sera jamais capable de plus. Hurler non et choisir d'être une battante pour une fois. Tant pis si ça fait peur d'être seule alors que l'on ne l'était plus depuis des années. Elle se persuade que le temps fera son oeuvre et qu'un jour elle sera heureuse d'avoir tenu bon, de ne pas avoir céder à la facilité. Tant pis si ça veut dire être là pour le moment, à agoniser. Il paraît qu'à 20 ans, on a la vie devant soi. Elle se dit qu'il n'est pas trop tard pour la trouver cette personne qui lui fera vivre une passion sans fin. Elle retrouve ses illusions d'hier, elle n'a que ça pour s'accrocher. La magie de se dire qu'on peut encore rencontrer à tout moment une personne sans savoir qu'elle va bouleverser notre vie. Elle chasse ses idées noires et se décide à le saisir ce temps pour soi. Se rédécouvrir, redevenir un Je, l'exclusivité d'être égoïste. Se jeter dans l'inconnu, se plonger dans d'autres draps. Ne plus être la femme de mais juste devenir une femme. Se forger, la prendre cette leçon et ne plus pleurer. Célibatante.